BATITOLE et LABOKIT : un virage numérique qui fait entrer de nouveaux projets
Il y a encore quelques années, pour se faire connaître des producteurs fermiers, BATITOLE misait beaucoup sur le bouche-à-oreille, les salons agricoles et la presse spécialisée. Mais les habitudes ont changé et les recherches de solutions pour aménager un laboratoire ou un atelier de transformation passent désormais largement par Internet. Un virage que l’entreprise a décidé de prendre pour développer LABOKIT, son activité dédiée à ces projets. Avec cette transformation de sa stratégie commerciale, BATITOLE candidate au Trophée de l’industriel des Trophées du Numérique.
Un virage numérique qu’il devenait urgent de négocier
BATITOLE est une PME de cinq salariés spécialisée dans la distribution de produits métalliques destinés à l’enveloppe des bâtiments. Elle commercialise notamment des solutions de couverture et de bardage en bac acier, des panneaux sandwich isolants et différents accessoires à destination des secteurs agricole, industriel, artisanal et résidentiel. Avec LABOKIT, l’entreprise accompagne plus spécifiquement les professionnels et agriculteurs dans la réalisation de locaux de transformation agroalimentaire : laboratoires, salles de découpe, ateliers ou encore espaces de stockage.
La réflexion ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, Jean-Charles Voiseux, dirigeant de BATITOLE, observait une stagnation du chiffre d’affaires. Mais c’est notamment lors de salons agricoles, il y a deux ans, que le constat s’est imposé : les habitudes des clients avaient changé.
Historiquement, LABOKIT bénéficiait d’une présence forte sur son marché de niche grâce au bouche-à-oreille et aux insertions dans la presse agricole spécialisée. Mais pendant ce temps, une part croissante de la recherche d’informations s’était déplacée vers Internet. Et les concurrents, eux, avaient déjà investi ce terrain.
Le site historique de l’entreprise ne permettait plus de répondre efficacement aux enjeux de référencement, de visibilité et surtout de génération de contacts commerciaux. Pour LABOKIT, dont l’ambition est de toucher des producteurs fermiers partout en France, cette faible présence numérique devenait un véritable frein.
BATITOLE décide alors d’accélérer. Avec une idée centrale : être visible au moment précis où un agriculteur ou un professionnel recherche une solution pour créer ou aménager son laboratoire de transformation.
Des landing pages pensées pour répondre aux recherches des producteurs
Au démarrage, Jean-Charles Voiseux tente d’abord de s’approprier lui-même le sujet. Une phase de tâtonnement qui lui fait rapidement prendre conscience de la technicité du marketing numérique. Plutôt que de mobiliser fortement les cinq salariés de BATITOLE sur un métier qui n’est pas le leur, le dirigeant choisit de s’entourer.
L’entreprise fait appel à Jeanson Marketing pour auditer sa présence numérique et construire une stratégie adaptée à l’activité de LABOKIT. L’enjeu est aussi d’avancer rapidement, sans attendre la refonte complète du site historique.
La solution consiste notamment à créer des landing pages, c’est-à-dire des pages web conçues autour de thématiques précises liées aux besoins des producteurs fermiers. Ces pages permettent de présenter une réponse beaucoup plus ciblée aux internautes selon leurs recherches et leurs projets.
Elles sont associées à des campagnes Google Ads reposant sur des mots-clés stratégiques. LABOKIT peut ainsi apparaître auprès de professionnels qui manifestent déjà un intérêt pour la création ou l’aménagement d’un local de transformation.
Des campagnes sous surveillance, des décisions guidées par les données
Autre changement important : BATITOLE peut désormais mesurer beaucoup plus précisément l’efficacité de ses actions.
Des tableaux de bord suivent le trafic généré, l’origine des demandes, la conversion des contacts en devis puis, à terme, la transformation de ces devis en ventes. Les campagnes peuvent être ajustées régulièrement selon les résultats obtenus.
Cette capacité de mesure est particulièrement importante pour LABOKIT. La création d’un laboratoire ou d’un atelier agroalimentaire est un projet qui se construit dans la durée. Entre le premier contact et la réalisation, le cycle de décision peut s’étendre de six mois à deux ans. L’entreprise doit donc être capable de suivre l’origine des prospects et leur parcours sur une période longue pour mesurer le véritable retour sur investissement du numérique.
En parallèle, BATITOLE travaille son référencement naturel et développe la visibilité de LABOKIT sur les réseaux sociaux. Un stagiaire en BTS Commerce, accueilli de mars à juin 2026, a notamment participé à la collecte d’avis Google, à la valorisation des réalisations et à la création de contenus. Une nouvelle phase est également engagée avec une agence spécialisée dans la communication sur les réseaux sociaux.
Landing pages, référencement naturel et payant, avis clients, contenus, réseaux sociaux et tableaux de bord s’inscrivent ainsi dans une même logique : construire progressivement un système d’acquisition numérique capable de soutenir le développement national de LABOKIT.
Des premiers résultats prometteurs
Quelques semaines ont suffi pour obtenir les premiers signaux positifs. Dès le lancement, LABOKIT a commencé à enregistrer quatre à cinq nouveaux contacts par semaine, avec notamment une ouverture géographique vers le Grand Est et le Sud-Est. Environ 10% de ces demandes ont déjà conduit à l’établissement d’un devis.
Le numérique ouvre également des portes que l’entreprise n’avait pas nécessairement anticipées. Environ 25% du trafic généré provient de secteurs ou de filières que BATITOLE touchait jusque-là assez peu. Pour l’entreprise, cette diversification constitue une nouvelle source potentielle de développement.
Il est en revanche encore trop tôt pour traduire ces résultats en chiffre d’affaires. Compte tenu des cycles de décision de six à vingt-quatre mois propres aux projets de construction et d’aménagement de laboratoires agroalimentaires, l’impact sur les ventes devra être évalué dans la durée.
Une petite équipe qui a choisi de ne pas tout faire elle-même
Au-delà des outils utilisés, le projet raconte aussi une transformation dans la manière de travailler. BATITOLE aurait pu chercher à internaliser l’ensemble des compétences nécessaires. L’entreprise a fait le choix inverse.
Dans une PME de cinq salariés, consacrer une part importante du temps de l’équipe à maîtriser le référencement payant, le SEO, l’analyse de données ou les réseaux sociaux aurait risqué de détourner les collaborateurs de leur cœur de métier. Jean-Charles Voiseux a donc piloté le projet tout en faisant appel à des compétences extérieures spécialisées.
Cette organisation a aussi permis de préserver la qualité de service apportée aux clients. L’équipe a été associée aux avancées sans être sursollicitée. Et l’arrivée rapide de quatre à cinq nouveaux contacts hebdomadaires a rendu les effets du projet très concrets en interne, avec un impact positif et motivant pour les salariés.
Cette expérience nourrit désormais une conviction : une petite entreprise peut réussir son virage numérique sans devenir elle-même experte de tous les outils. À condition de savoir identifier ses besoins, consacrer les moyens nécessaires au projet et surtout s’entourer des bonnes compétences.
Propos recueillis par Bruno Marié

